Les rues de Fleurey

Les rues de Fleurey : origine de leur appellation

L’ancien cadastre dit "napoléonien" n'indiquait pas de nom pour l2es rues du village. Pour autant, beaucoup de celles-ci avaient sans doute déjà une appellation. Le 21/02/75, le Conseil municipal créait une commission* chargée de donner un nom à chaque rue du village. Ses travaux sont entérinés le 30/01/76 et le 03/12/76, la numérotation des maisons ainsi que les dénominations des lotissements sont arrêtés définitivement. Nous essayons ici de donner l'origine des différents noms.

Plan cadastral de 1814

Rue des Acacias : en fait la rue des Faux-Acacias ou Robiniers ; les vrais acacias ne poussent pas à Fleurey.

Rue des Archers : dans cette rue située près de l'ancienne résidence des gouverneurs de Bourgogne (entre autres, le Grand Condé), les archers de Fleurey s'entraînaient au tir à l'arc et à l'arbalète. A proximité, dans le mur d'un bâtiment en partie ruiné, une niche maçonnée en pierres percées comporte une dalle dressée sculptée, creusée de cavités, qui serait une ancienne cible. Pendant plusieurs siècles les bourgs importants étaient tenus d'avoir, aux frais des habitants, une compagnie d'archers ; lors de concours, le meilleur se voyait attribuer le titre de "roy" ou d'empereur" ou d'"évêque"...ce qui a pu donner les patronymes Leroy, Lempereur, Lévêque.

Rue de l'Aule : l'aule, autre nom de la halle ou des halles. Dans cette rue existait une halle appartenant au seigneur de Fleurey, prieur de Saint-Marcel-les-Chalon-sur-Saône ; il s'y tenait quatre fois l'an une foire : l'une à mi-mai, l'autre à mi-août, la troisième le jour de la Saint André, la quatrième le jour de la Saint Biaise.

Au Bas des Combets : cette zone plus basse correspond au débouché de petites combes venant du Plain de Suzard.

la cible des archers

Rue du bois de Lee : Dans l'ancien français, "lée" était synonyme de dolmen. Le bois de Lée, en direction d'Ancey, possède un énorme rocher qui fait penser à un dolmen.

Rue Brenet : Cette rue borde la propriété Barbie qui, autrefois, appartenait à la famille Brenet. En 1823, le sieur Brenet, habitant Fleurey était une personnalité importante : docteur en médecine, député du département de la Côte-d'Or, membre de la Légion d'honneur. Dans les années 1890, un descendant Brenet, Raoul, fut tué malencontreusement à la chasse par son épouse.

Rue  du  Champ-Perdrix : Les champs situés au-dessus de cette rue étaient autrefois très giboyeux, particulièrement riches en perdrix. Les anciens du village ont encore le souvenir des nombreuses compagnies de perdrix !

Rue de Chanteronne : Lieu-dit (Chantrone) dont il est question dans une délibération du conseil municipal qui décidait d'agrandir le passage de l'Ouche vers cet endroit (bras de l'Ouche qui a été remplacé par le canal) . Pas d'explication sur la signification.

Rue de la Chapelle : Entre le moulin et l'école actuelle existait autrefois une petite chapelle.

Rue de la Charme : Sans doute pas de charmes (arbres) dans cet endroit mais plutôt une charme, c'est à dire une friche ou chaume.

Chemin de la Chaumette : L'explication est la même que pour la rue de la Charme : présence d'une petite friche.

Rue du  Château : II s'agit du château Lignier-Grée actuel.

Une partie de l'escalier du château

Le dernier noble propriétaire était le comte Jean Vivant de Corbeton. Celui-ci très riche, était président du Parlement de Dijon. Le révolutionnaire Bernard de Saintes (dit Pioche-Fer) le fit accuser d'être exilé en Allemagne alors qu'il produisit la preuve de sa présence à Luxeuil. Il fut néanmoins guillotiné parce qu'on avait trouvé chez lui ses armoiries cachées. Le château fut vendu comme bien national tandis que "Pioche-Fer" s'installait dans le château que possédait de Corbeton à Dijon.

Remarque : Au bord de la rivière, près du pont, sur la même rue, il existe une autre demeure aux allures de château ayant appartenu aux familles Cortot de Cissey et de Girval.

Rue du Clos de la Cure : Leterrain situé devant l'église, sur la gauche quand on regarde l'édifice, était-il n'y a pas si longtemps, entouré entièrement de murs ; c'était le clos de la cure.

Place du Clos Poulain : Encore un clos ; mais pourquoi Poulain ? est-ce le nom d'un propriétaire ou d'un clos hébergeant des poulains ?

Rue du Cocheron : Chacun connaît le Cocheron, la colline qui domine Fleurey, au nord. Cocheron, du celtique "kukka" signifiant éminence, colline.

Rue du Colombier : II s'agit de l'ancien colombier du château Lignier-Grée qui constitue actuellement la partie la plus ancienne de la maison Boiget, 9 rue de Morcueil.

Rue des Coquelets : Est-ce en raison des grosses anémones pulsatilles bleu-violet qui poussent au printemps sur certaines friches? Il en poussait peut-être sur les friches à l'emplacement actuel des Coquelets ; on peut aussi penser, plus simplement, aux coquelicots.

Coteau Ragoix : II s'agit sans doute du nom du propriétaire d'une terre située sur ce coteau (on a ainsi le coteau Dard du nom d'anciens habitants connus de Fleurey).

Rue de la Cour des Closes : Cour des clos : plusieurs clos à proximité ; mais pourquoi "la cour" ?

Rue de la Croix Saint-Pierre : une certaine confusion, peut-être, dans cette appellation. Dans le prolongement de cette rue, près de la maison de monsieur Courthaudon, existe une croix portant l'inscription : "Cette croix a été érigée en 1842 à la dévotion de Pierre Grée aveugle, fils de Etienne Grée et de Marguerite Brouée. Priez pour lui, ".

Ce calvaire ne concerne donc pas Saint Pierre, apôtre. En revanche, les champs sur la droite s'appellent "Champ Saint-Pierre" : la tradition veut que, là, a existé une église Saint-Pierre. On a donc à la fois la rue "Champ Saint-Pierre" et la rue de "la Croix à Pierre Grée, aveugle".

Le coeur de cuivre indique que la croix est dédiée à Pierre Grée, aveugle...

Lotissement derrière la Velle : LaVelle, c'est-à-dire le village.

Rue de la Dîme : La dîme était la dixième partie (ou fraction variable) des récoltes qu'on payait avant la révolution à l'église ou au seigneur. Cette rue est proche de l'ancien prieuré ; or, le prieur était, à Fleurey, celui qui percevait la dîme.

Lotissement "le Fluvie" : Cette appellation a été choisie à partir d'un croquis du Xllle siècle représentant l'ancien château de Fleurey et portant l'inscription "fluvie" .

Rue de la Grapine , lotissement la Grapine, allée du Haut de la Grapine : Cette partie du Cocheron s'appelle La Grapine car, autrefois, elle était couverte de vignes.

Plan de 1814 concernant les 2 châteaux. Remarquez la vigne en contrebas de la rue de Morcueil

Rue du Lavoir : Cette rue passe devant la salle des fêtes réalisée dans l'ancien lavoir.

Rue du Levant : La rue du village la plus à l'Est.

Rue Martenot : Martenot, dragon de l'armée des Flandres, tué dans un engagement le 24/8/1746 près de Louvain? (Lettre du 30/8/1746 de M. de Saint-Amant dit Collonge, son officier qui habitait Fleurey). Un autre Martenot, Claude, a possédé le château de Fleurey vers 1877.

Rue des Moceas : On dit aussi "Les Moussias". L'origine reste à déterminer.

Rue de Morcueil : Cette rue se prolonge par le chemin de Morcueil. Celui-ci conduit au site de Morcueil où on trouve la source du même nom captée au profit de la ville de Dijon. Cette source alimentait un important moulin dont ne subsiste que le bief et quelques belles pierres. Morcueil vient peut-être de marco, nom gaulois du marécage.

Rue du Moulin : Avant le creusement du canal de Bourgogne, cette rue conduisait directement au moulin des Roches, moulin qui existe toujours, près de l'écluse 42 en aval de Fleurey ; ce moulin, dans les années 20-30, a fourni la première énergie qui a fait fonctionner des ampoules électriques dans les rues du village. Cette même rue permettait aussi d'accéder à un moulin à vent installé sur la bosse correspondant au lotissement le Fluvie.

Lotissement Les Ouches  : L'appellation ne vient pas de la rivière Ouche ; les Ouches vient du gaulois olca signifiant "terrains plats", "petits champs" près des maisons.

Lotissement Le Petit Bon Moisson : II faut plutôt comprendre la petite bonne moisson. Dans ce secteur existait un champ où la moisson était fructueuse.

Petite rue de Collonges : Avant que l'autoroute n'existe, cette rue était le début du chemin menant à la rente de Collonges ; il suffit de la continuer jusqu'à l'autoroute pour s'en rendre compte.

Impasse de Pisseloup ; ruede Pisseloup : Appellation certainement liée au loup ; un endroit fréquemment fréquenté par les loups (la forêt n'est pas loin) d'où Pisseloup. D'ailleurs, le parc des Tilleuls appartenant à la famille Bégoc possède encore les restes d'une louvetière.

Rue des Roches d'Orgères : Les Roches d'Orgères sont ces belles falaises que l'on trouve dans le prolongement de la rue, dans les ruelles de Velars ; pourquoi "d'Orgères" ?

La Ruellotte : La petite ruelle (pas si petite que ça!).

Lotissement Saint Jean et rue Saint Jean : Le saint patron de Fleurey a donné son nom à cette rue et à ce lotissement situés près de l'église : église Saint Jean.

Seigneurie de la Cour des Closes : Près de la Cour des Closes des terres de grande qualité appartenant au seigneur.

Rue du Stade : Rue de la Gare aurait été plus juste mais moins informatif : le stade et ses annexes sont sur le terrain de l'ancienne gare de la ligne d'Epinac.

Rue Jean Truchetet : Jean et son frère Armand, âgés d'une vingtaine d'années, furent arrêtés par les allemands à Dijon et déportés ; Jean ne revint pas. Leur père était bouchera Fleurey

Rue de Velars : Elle se prolonge par la rue des Roches d'Orgères et les ruelles de Velars conduisant à Velars.

Rue des Vieilles Carrières : Le long du canal, à droite, avant et après l'écluse 42 existaient des carrières de calcaire fournissant de la pierre, entre autres, pour des usines à chaux. Le matériau était transporté par péniches.

Rue des Vignes Blanches  : Cette rue, au pied du Cocheron, permettait d'accéder à des vignes plantées sur des terrains marneux de couleur blanche.

"La Louvetière", dans le parc de M. et Mme Bègue. Est-ce un piège ou plutôt un lieu destiné recevoir une proie pour attirer les loups ? 

*Les membres désignés étaient les suivants : MMmes Bailly et Matrot ; MM. Doussot, Guilleminot, Maillot Henri, Masson, Rosière (maire) ; M. F. Boiget, invité et M. Dard ayant rejoint le groupe ultérieurement.

Sources : archives départementales et la collaboration de Marie Mutin, François Boiget, Marcel Grée, Pierre Grée.


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