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Le manoir du Leuzeu au fil des temps

Posté le 19 03 2019

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Le texte le plus ancien relatif au manoir du Leuzeu date de 1274 et parle d’une grange monastique, sans doute fondée par le monastère Saint-Marcel-les-Chalon, puis un texte de 1328 attribue le Leuzeu aux ducs de Bourgogne, un pavillon de chasse selon la tradition au centre d’un immense domaine de plus de 300 hectares dont les 2/3 en forêts.

Or les vestiges de murs anciens, la présence d’une petite pièce souterraine, la découverte de morceaux d’escalier en pierre tournant, laissent à penser que l’espace bâti au Moyen Age était aussi important que celui du XVIIème siècle.

C’est au XVIIème siècle qu’un noble, Jean de Gastebois, conseiller du duc d’Orléans, reconstitue par rachats le domaine des ducs de Bourgogne et fait construire un manoir fortifié, entouré d’un mur d’enceinte. Ce domaine, qui se transmet souvent par la dot des femmes, restera aux mains de deux familles seulement jusqu’à nos jours.
Une seule interruption dans cette continuité : lors de la Révolution de 1789, le propriétaire Louis Fardel de Daix émigre et le Leuzeu est déclaré Bien national et acheté par des agriculteurs des villages voisins. Mais les propriétaires rachètent leur domaine en 1811 et se font indemniser.
Les familles nobles propriétaires du Leuzeu ne résident pas sur place mais à Dijon.

Elles se réservent cependant une partie des bâtiments, ce que l’on appelle « la maison des maîtres », dont une grande pièce au plafond à la française qui sera inscrit à l’inventaire des Monuments historiques en 1925 (ce plafond démonté au début des années 1950 est installé maintenant dans un hôtel particulier place Bossuet à Dijon).
Ce sont donc des fermiers qui cultivent les terres et qui versent aux propriétaires une rente annuelle, d’où le nom de « rente » donné au domaine : la rente du Leuzeu.

Les derniers fermiers, la famille Dupaquier, quittent le Leuzeu pour Flavignerot en 1930, se plaignant du mauvais état des bâtiments et de leur isolement (les plus proches villages Clémencey, Urcy ou Flavignerot sont à plus de 3 kilomètres).

Commence alors une longue dégradation des bâtiments, accélérée parfois par des pillages ou du vandalisme. Le prestigieux manoir du Leuzeu n’est plus qu’un tas de pierres au milieu d’une véritable jungle.

C’est une initiative individuelle en 2001 relayée par la création d’une association en 2007 -association qui achète l’espace des bâtiments et le vallon du Leuzeu, un peu plus de 7 hectares en 2010- qui redonne maintenant vie au Leuzeu.

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Plan 1692

Vallon du Leuzeu

Posté le 19 03 2019

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En amont des bâtiments de l’ancien manoir de Leuzeu, le vallon du Leuzeu, dit de la Combe au Chêne, présente beaucoup d’originalités.

Il est d’abord parcouru par un petit ruisseau, le Leuzeu, ruisseau pérenne alimenté par trois sources, dont une, la plus élevée, ne coule que quand la nappe phréatique est pleine. Le ruisseau coule rapidement -75 mètres de dénivelé entre les sources et les bâtiments- tout en laissant un important dépôt calcaire qui emprisonne feuilles et brindilles et forme souvent de petits barrages suivis de petites cascades.

Ce ruisseau abrite une faune intéressante en particulier une multitude de petites crevettes d’eau douce, les gammares, signe d’une eau non polluée et des larves de salamandre terrestre, la belle salamandre aux taches noires et jaune. C’est pour faciliter la reproduction de ces salamandres, espèce menacée et donc protégée, que l’association « Les amis du val du Leuzeu » propriétaire des lieux, a fait creuser trois petits bassins en enfilade avec l’autorisation de la Direction départementale des Territoires.

Le ruisseau est bordé par des arbres variés : aubépine, frênes, noisetiers, saules, viornes, peupliers blancs d’Italie (replantation), et parmi eux un superbe saule marsault, répertorié dans les arbres remarquables de Bourgogne et peut être le plus gros au niveau national.

La flore du vallon, très riche sur la pelouse calcaire, attire chaque année des spécialistes venus en observation. Parmi les plantes rares : une bonne centaine de pieds de grandes gentianes jaunes, la station la plus méridionale de la Côte d’Or pour cette plante, mais aussi beaucoup de genêts de pelouse calcaire, nombre d’orchis dont plusieurs pieds d’Orchis militaire albinos.

1944 au Leuzeu

Posté le 19 03 2019

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Isolé au milieu d’un espace très boisé, le Leuzeu allait tout naturellement devenir un lieu d’implantation d’un maquis de la Résistance en 1944. Dès l’été précédent le lieu avait été repéré par un responsable de la Résistance venu de Couchey.

C’est en juillet 1944 que le maquis Liberté, renforcé par des résistants du groupe Madagascar et des SAS britanniques s’installait au fond du vallon du Leuzeu près des sources, les bâtiments ne servant que de point de surveillance des chemins menant au Leuzeu.

De cette position les maquisards menaient des actions contre les forces nazies en attaquant des convois sur la route nationale ou sur la voie ferrée Dijon-Paris.

Le 30 juillet 1944 le maquis, fort d’une centaine d’hommes était violemment attaqué par plus de 400 miliciens du régime de Vichy, pour la plupart venus spécialement de Paris et acheminés depuis Dijon par trois côtés dans le vallon du Leuzeu.

Mais les maquisards, bien ravitaillés en armes lourdes par un parachutage britannique 48 heures auparavant, repoussaient les assaillants qui laissaient cinq morts sur le terrain. Cette bataille du Leuzeu avait duré une dizaine d’heures . Elle est très connue des habitants des villages avoisinants qui ont tous souffert de la répression menée par la Milice ou les forces nazies et elle est commémorée chaque année, le dernier dimanche de juillet, à Urcy où a été érigé un monument aux morts financé par une dizaine de communes.

En juillet 2014, pour célébrer le 70ème anniversaire de la bataille du Leuzeu, l’association « Les amis du val du Leuzeu » et les municipalités d’Urcy et de Fleureysur-Ouche ont organisé une cérémonie sur place au Leuzeu avec pose d’une plaque commémorative en présence de nombreux élus, des autorités, des anciens combattants dont trois anciens maquisards ayant participé à la bataille et des habitants des communes voisines.

Pour en savoir plus : le Cahier du Leuzeu n°3 est consacré uniquement à la bataille du Leuzeu et aux événements liés, un document exceptionnel de 52 pages, très bien documenté et illustré. Vous pouvez le commander vous le procurer au tabac-presse de Fleurey-sur-Ouche.

Le LEUZEU c’est….

Posté le 18 03 2019

- Un petit vallon parcouru par un ruisseau sur le territoire de la commune de Fleurey-sur-Ouche, perdu dans la montagne à égale distance des villages de Clémencey, Flavignerot, Urcy et Velars.

- C’est surtout un lieu chargé d’Histoire :

+ Ancienne grange monastique au 13ème siècle.

+ Puis domaine des Ducs de Bourgogne aux 14 et 15ème siècles.

+ Un joli manoir fortifié y est construit milieu 17ème siècle, centre d’une seigneurie jusqu’à la Révolution.

+ C’est enfin un haut lieu de la Résistance où se déroule une violente bataille entre résistants et miliciens de Vichy en juillet 1944.

Tombés en ruines depuis 1930, les vestiges du manoir fortifié sont en cours de réhabilitation par une association « LES AMIS DU VAL DE LEUZEU » devenue propriétaire du domaine en 2010.

- C’est enfin un lieu de randonnée bien connu avec de nombreuses possibilités de circuits. L'association a produit une brochure "le Cahier du Leuzeu n°6" présentant 20 randonnées passant par le Leuzeu.
Le GR 7 passe à proximité (environ 800 m).

L’association offre aux promeneurs et randonneurs :

- Un grand espace entretenu équipé de deux grandes tables bancs et deux petits espaces dans le vallon pour pique-niquer.

  • Un auvent et une ancienne grange pour s’abriter.

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Cérémonie d'installation d’un mât des couleurs à la ferme du Leuzeu par les élèves gendarmes de Dijon en présence du résistant Charlemagne Cometti

Posté le 16 03 2019

LEUZEU

Posté le 16 03 2019

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La présence de bâtiments dès le Moyen Age est connue par les textes (grange du monastère Saint Bénigne de Dijon puis domaine des ducs de Bourgogne). Puis il y a eu la construction du manoir fortifié par Jean De Gastebois au XVIIème s., des bâtiments annexes comme la grange édifiés au milieu du XIXème s. et sans doute beaucoup d’aménagements au fil des temps. Nous disposons d’un document écrit en 1880 par le propriétaire, le comte de Lamolère, pour les nouveaux fermiers. Ce document décrit avec précision l’espace bâti, sauf la partie réservée aux propriétaires. Nous pouvons considérer l’espace bâti sous trois angles : les vestiges anciens, les bâtiments d’exploitation, les bâtiments d’habitation.

Les vestiges anciens du Moyen Age (datés par un archéologue) sont nombreux : la base d’une petite tour d’angle dans le mur d’enceinte, l’encadrement d’une porte dans les bâtiments, une grande pierre blasonnée (mais au blason martelé sans doute à la Révolution), et surtout une petite voûte souterraine – « l’oubliette » selon la tradition, seule partie souterraine connue et la base des murs d’un bâtiment d’habitation avec les montants d’une cheminée gothique à l’entrée du domaine.
Les bâtiments d’exploitation sont particulièrement importants car le domaine cultivé était grand : une cinquantaine d’hectares et les productions très variées aussi bien par les cultures que par l’élevage. Ces bâtiments formaient un ensemble jointif en face de l’habitation avec bergerie, écuries, étable, granges, un espace pour le battoir et de l’autre côté du mur un manège pour actionner le battoir.
Une vaste grange (100 m2 au sol) dans laquelle se trouvait un pressoir a été construite à part vers 1850. Le dessus de la grange servait de fenil. A côté de la grange se trouvaient les soues à cochons, les « toits à porcs» comme on dit dans la région et à l’entrée du domaine on voit encore les vestiges d’un moulin à eau (déjà en ruines au milieu du XVIIIème s. selon les textes).

A l’exception de la grange encore répertoriée au cadastre comme bâtiment agricole, tous les bâtiments d’exploitation sont à l’état de ruines.

Les bâtiments d’habitation étaient prestigieux comme en témoignent les photographies anciennes. On y accédait par un porche voûté à double porte défendu par une bretèche et une meurtrière, porche qui donnait sur une petite cour intérieure. Dans cette cour trois entrées : une vers un petit bâtiment annexe ayant servi anciennement de colombier ; une vers le four à pain et la dernière, surmontée de la pierre blasonnée, s’ouvrait sur un couloir donnant accès aux pièces du rez-dechaussée et à un escalier en pierres allant vers les chambres hautes.

Au rez-de-chaussée, deux grandes pièces avec cheminées et cinq plus petites dont un cabinet de toilettes et une avec une pierre d’évier et des banquettes en pierre, toutes étant voûtées. Au premier étage un couloir passant au-dessus du porche d’entrée donnait accès à la grande chambre « des maîtres » avec son plafond aux poutres peintes, une belle cheminée en calcaire rose poli et une grande fenêtre donnant sur le jardin à la française. De l’autre côté trois chambres et deux cabinets de toilette. Tous les bâtiments d’habitation étaient surmontés de greniers avec des ouvertures en « chien-assis » et les toitures étaient couvertes de tuiles plates.

Abandonnés depuis 1930, les toitures découvertes vers 1940, pillés, les bâtiments d’habitation n’étaient plus qu’un tas de gravats recouvert par la végétation au début du XXIème siècle. Seules les poutres peintes classées Monument historique avaient été sauvées à l’initiative du propriétaire (elles ont été réinstallées en 1959 dans un immeuble place Bossuet à Dijon).

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